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27/11/2013

Projet de la loi de programmation militaire: Surveillance d'Internet

Vous avez certainement entendu parler ces derniers jours de l’inquiétude autour du projet de la loi de programmation militaire, examinée le mardi 26 novembre à l’Assemblée nationale, sur la Surveillance d'Internet.

 

Pour rappel :

 

La France pourra bientôt traquer sans limite ses "ennemis d’Etat"

 

 http://blog.foxassurances.com/public/chien_dangereux_killer.jpg

 

Image : http://blog.foxassurances.com/public/chien_dangereux_killer.jpg

 

 

Le gouvernement s’apprête à faire voter un projet de loi de programmation militaire 2014-2019 dont certaines dispositions étendent les possibilités de surveiller en dehors de toute action judiciaire les données numériques de dizaines de milliers de citoyens considérés comme de potentiels «ennemis d’État» et de savoir qui ils appellent et qui les joint, de les localiser en temps réel à travers leurs téléphones, leurs ordinateurs.

 

 

Parmi les nombreuses dispositions du texte, l’article 13 autorisera explicitement "le recueil, auprès des opérateurs de communications électroniques et (des hébergeurs et éditeurs), des informations ou documents traités ou conservés par leurs réseaux ou services de communications électroniques, y compris les données techniques relatives" :

 

  •     "À l’identification des numéros d’abonnement ou de connexion à des services de communications électroniques" (numéro de téléphone, adresse IP …) ;
  •     "Au recensement de l’ensemble des numéros d’abonnement ou de connexion d’une personne désignée" (historique des adresses IP utilisées par un abonné, différentes lignes téléphoniques d’un même abonné…) ;
  •     "À la localisation des équipements terminaux utilisés" (géolocalisation des Smartphones) ;
  •     "Aux communications d’un abonné portant sur la liste des numéros appelés et appelant, la durée et la date des communications" (les fameuses fadettes des opérateurs télécoms)

 

 

Source : Le Journal du Siècle

 

 

Mais ce projet de loi de programmation militaire va beaucoup plus loin.

 

Tout comme le  Patriot Act  (U.S.A)  qui autorise le FBI à pénétrer dans un domicile ou un bureau en l’absence de l’occupant. Autorisant ainsi  les agents fédéraux à prendre des photos, à examiner le disque dur d’un ordinateur et à y insérer un dispositif digital d’espionnage.

 

 

Voici ce qui est dit :

 

Programmation militaire : de l'internet des objets, à la surveillance des objets

 

 

Dans le cadre du projet de loi de programmation militaire, le président de la Commission des lois, le socialiste Jean-Jacques Urvoas, voudrait que l’administration puisse être autorisée à géolocaliser à distance les objets connectés, qu’ils soient voiture ou frigo 2.0.

 

 

Géolocaliser un objet connecté, automobile comprise

 

Dans le cadre du projet de loi de programmation militaire, le président socialiste de la Commission des lois de l’Assemblée nationale veut que l’intérieur, la défense ou Bercy soient autorisés à mettre en œuvre « tout dispositif technique ayant pour objet la localisation en temps réel, sur l’ensemble du territoire national, d’un véhicule ou de tout autre objet, sans le consentement de son propriétaire ou de son possesseur ».

En clair, il s’agira de surveiller l’internet des objets dès lors qu’une des cinq finalités sera vérifiée (sécurité nationale, prévention du terrorisme, criminalité, etc.).

 

Mise en oeuvre en toute discrétion

 

Comment mettre en œuvre ces espions connectés ?

Simple, ces administrations pourront être autorisées encore à introduire des mouchards « dans un véhicule ou un lieu privé, à l’insu ou sans le consentement du propriétaire ou du possesseur du véhicule ou de l’occupant des lieux ou de toute personne titulaire d’un droit sur ceux-ci ».

 

Ces systèmes seront cette fois mis en place sur autorisation de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité

 

Si la CNCIS refuse cette autorisation ?

 

Simple : le Premier ministre pourra passer outre en prétextant « des raisons d’urgence et d’intérêt national majeur »

 

Source : PCInpact

 

 

 

Oh, je sais bien ce que vous vous dites :

 

-        « Je ne suis pas un criminel, alors je ne suis pas concerné. »

-        « Avec tout ce que l’on voit aux journaux télévisés, cela rassure. »….

 

 

Ok, Vous n’êtes pas un criminel. Mais il suffit  de voir les dérives du patriot Act   pour constater que demain nous serons tous des potentiels criminels.

  • Changer plusieurs fois ses habitudes sera considéré comme suspect.  
  • Si un email, un commentaire, une note sur un site internet, un sms ou  une communication  téléphonique  contiennent un terme considéré comme « un mot clé. »,
  • Autre cas, imaginons que votre conjoint jaloux vous soupçone de le tromper et que je justement un de vos amis en commun travail sur la pose d'un de ces mouchards

 là, aussi vous serez suspect.
Vu la nature humaine, n'importe qui peut devenir un "suspect".

 

Il suffit d’observer  sur le site de Google , le nombre de Demandes de  renseignements sur les utilisateurs du gouvernement Français  qui est en progression constante.

 

 

Parlons de l’augmentation des faits divers qui nous terrorisent.

Régulièrement j’entends autour de moi :

-        « moi le soir je sors plus, j’ai trop peur »

-        «  je ne vais plus au distributeur automatique le soir, on ne sait jamais. »

-        « les musulmans sont dangereux »…

 

Je pourrais en mettre des tas comme cela.
Sérieusement parce que chaque jour un nouveau fait divers nous ait relaté, vous croyez que la violence à augmenter ces dernières années ?

 

Alors voici pourquoi nous avons l’impression que le monde est devenu dangereux ?

 

En juin dernier, l’Institut national de l’audiovisuel (INA) révélait dans son « baromètre thématique des JT » qu’entre 2003 et 2013, le nombre de sujets consacrés chaque année aux faits divers dans les journaux télévisés des grandes chaînes généralistes avait connu une augmentation de 73 %.

 

Concurrence et diversion

 

Ce quasi doublement depuis dix ans du nombre de faits divers traités dans les JT est un révélateur de la féroce concurrence que se livrent les chaînes pour l’audimat.

 

« Les médias populaires d’aujourd’hui sont des médias commerciaux qui parviennent à toucher les ressorts de la sensibilité et de lecture populaire du monde mais qui n’ont pas d’autres logiques que celles du profit et de la rentabilité. »

La baisse des recettes publicitaires avec la crise économique, la multiplication des chaînes d’information en continu et des canaux d’information sur internet qui rendent les JT moins incontournables, la floraison des chaînes gratuites sur la TNT qui, tout en morcelant l’audience, en captent une part de moins en moins négligeable.

 

Alors que les questions internationales ou l’économie, notamment, feraient fuir les téléspectateurs vers des chaînes et des sujets réputés moins rébarbatifs, les faits divers auraient la vertu de retenir leur attention…

 

Extrait du site : Acrimed

 

 

 

Mouvement européen

 

Patrick Pailloux, directeur général de l’ANSSI rappelle qu’en février 2013, un projet de directive a été dévoilé à Bruxelles. Ce texte comprend justement des dispositions relatives aux opérateurs d'infrastructures critiques, lesquels devront suivre des règles de sécurité précises tout en étant obligés de signaler aux autorités les incidents de sécurité significatifs touchant à leurs services essentiels. Des dispositions similaires sont prévues en France par la loi de programmation militaire.

 

 

Ce qui nous renvoie au marché transatlantique rentrant en vigueur en 2015.

Depuis le 08/07/2013, L’Union européenne et les Etats-Unis ont entamé des négociations en vue de conclure un accord commercial bilatéral, le Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement (PTCI/TAFTA). C’est l’aboutissement de plusieurs années de lobbying des groupes industriels et financiers, européens et états-uniens.

 

Comme d’autres accords bilatéraux signés récemment ou en cours de négociations –notamment l’accord UE-Canada–le PTCI ne se contentera pas d’abolir les barrières douanières ; il s’étendra aussi aux “barrières non-tarifaires”. En effet, toute réglementation,même décidée démocratiquement, peut être considérée comme un obstacle au commerce.

 

Le PTCI va donc viser le démantèlement, ou l’affaiblissement, de toutes les normes qui limitent les profits des entreprises européennes ou états-uniennes, en fonction de leurs intérêts respectifs.

 

Dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, le PTCI pourrait reprendre les éléments présents dans le projet “ACTA” (Anti-counterfeiting Trade Agreement ou Accord commercial anti-contrefaçon), qui prévoyait de fortement renforcer les droits de propriété intellectuelle et qu’une large mobilisation avait conduit à l’échec en juillet 2012. Au nom de la lutte contre le “piratage” il pourrait en effet permettre une surveillance généralisée du réseau et réduire la liberté d’expression sur internet.

 

 

Je vous invite vivement à lire : Guide de navigation pour affronter le grand marché transatlantique

 

 

A voir également : Données privées: vers une dérive à l’américaine dans le projet de programmation militaire

10/09/2013

Syrien ne baissaient pas la garde !

Aujourd’hui Obama salue la proposition Russe sur la Syrie

 

Confronté à une opinion publique hostile à une intervention militaire en Syrie - six Américains sur dix y sont opposés, selon un sondage publié lundi -, Barack Obama joue à la fois la crédibilité des Etats-Unis et de sa propre présidence sur ce dossier épineux.

 

Au Sénat, un premier vote de procédure, initialement prévu mercredi, a été reporté en raison des discussions en cours sur la proposition russe et devant la réticence croissante des élus. Aucun nouveau calendrier n'a été fixé à ce stade. "Je ne dirais pas que je suis confiant" sur l'issue du vote, a concédé lundi le président américain.

 

Voir article complet : Le Nouvel Observateur

 

 

Bien sur le revirement de situation n’a rien à voir avec le fait que six Américains sur dix y sont opposés, n’y sur la réticence croissante des élus, n’y les différentes manifestations planétaires contre cette intervention.

 

 

Mais prenaient garde car … Ceux qui souhaitent faire tomber « l’axe du mal » (voir ci-dessous) n’ont pas dit leurs derniers mots :

 

2012 - Israël : la chute d'Assad affaiblirait l'axe du mal

 

 

2011 - rapport de l’Institut de relations internationales et stratégiques: L’union européenne et les révoltes –arabes.

 

Paragraphe l'exemple syrien:

 

En effet, en 2001-2002, les États-Uniens préparaient la guerre en Irak. Ils ont fait pression sur la Turquie pour éviter ce rapprochement avec la Syrie car le président américain George W. Bush (De nombreux fidèles de Bush sont au coté d’Obama)  avait inscrit la Syrie sur l’ « Axe du mal » avec l'Iran et la Corée du Nord.

 

Rapport en PDF : ici

 

 

 

La France va déposer un projet de résolution devant l'ONU

 

Laurent Fabius a déclaré, mardi 10 septembre, que la France accueillait la proposition russe "avec intérêt et précaution" et annoncé le dépôt "dans la journée" d'un projet de résolution devant l'ONU , visant à "condamner le massacre du 21 août commis par le régime" et "exiger la lumière" sur le programme syrien d'armes chimiques.  

 

Source : Le monde

 

 

 

A l’attention de Monsieur Fabius afin de lui évité de nous dire comme pour le sang contaminé qu’il ne savait pas, quelques infos :

 

 

1er attaque en Avril : Les rebelles syriens ont utilisé des armes chimiques. C'est ce qu'affirme Carla Del Ponte, ancienne procureur à la Cour pénale internationale, qui se base sur une enquête de l'ONU.

 

 

 


 

Syrie: Pierre Piccinin est en bonne santé, "malgré les tortures subies" 

Enlevé en Syrie en avril dernier, il a été libéré dimanche soir avec l'Italien Domenico Quirico, journaliste au quotidien La Stampa

 

Pierre Piccinin : Ce n’est pas le gouvernement qui a utilisé le gaz sarin

  

L'enseignant de 40 ans était en bonne santé physique et psychologique, "malgré les tortures subies", a-t-il déclaré sur les ondes de Bel RTL et au journal Le Soir.
Les deux détenus, qui étaient entrés en Syrie via le Liban le 6 avril, ont été arrêtés deux jours plus tard par l'Armée syrienne libre à Qussayr, où ils sont restés deux mois.

 "Les cinq derniers jours ont été terribles.

 Nous étions enfermés dans une cave sordide aux murs couverts de cafards. Alors que les bombes tombaient à proximité, nous avons failli être ensevelis.
" Ils ont ensuite été régulièrement déplacés et détenus par différents groupes, "très violents, très anti-Occidentaux et des islamistes anti-chrétiens".

 "Cela a été une odyssée terrifiante", résume M. Piccinin qui évoque des "violences physiques très dures, des humiliations, des brimades et de fausses exécutions".

  

  

Voir article + vidéo : La Libre.be

 

 

 

Témoignage de Jonathan Alpeyrie, photojournaliste retenu en otage en Syrie pendant 81 jours 

 

 

 

 

12 ex des services US à Obama : « Ce n’est pas Bachar ! »

 

Comme Bush et Powell avaient menti sur les « armes de destruction massive » de l'Irak, de même Obama, Kerry et la CIA mentent sur l'attaque chimique du 21 août à Damas.

Qui le dit ? Damas ? Le mouvement anti-guerre ?

Non, 12 « ex » des services secrets US, renseignés par leurs collègues encore en fonction. Ils viennent de l'écrire à Obama, en présumant qu'il avait été trompé (ce qui reste à prouver).
Ce document confidentiel a été révélé par un site US et nous sur le site 
Investig'Action.

  

En dépit de la supposée « grande confiance » de l’administration Obama à propos de la culpabilité du gouvernement syrien dans l’attaque chimique du 21 août, près de Damas, une dizaine d’anciens militaires américains et d’officiers des renseignements rapportent au Président Obama des informations reçues contredisant la version officielle.

 

Voir article complet sur : Investig'Action.

 

  

 

Dans le cas ou demain nos dirigeants viendraient à changer d’avis !

 

 

Syrie : des "boucliers humains" pour protéger les défenses du régime

  

La Syrie se prépare au pire après les annonces par les présidents français et américains d'une intervention militaire dans le pays. Et des militants pro-régime ont fait le choix de jouer les boucliers humains pour protéger les batteries de missiles de défense de Damas, installées sur le mont Qassioun. A l'origine de ce mouvement, la journaliste d'une chaîne pro-gouvernementale Ugarit Dandash. Des stars syriennes, comme Hebanour, apportent leur soutien à ces militants prêts à risquer leur vie. 

 

09/09/2013

Syrie: la lettre d'un ancien ambassadeur de France à François Hollande

Diplomate de carrière de 1972 à 2009, Pierre Charasse fut ambassadeur, notamment au Pakistan, en Uruguay et au Pérou, et a représenté la France dans de nombreuses instances internationales.
Depuis le Mexique où, retraité, il réside, il adresse une  lettre aussi ironique que cinglante mais qu’il n’enverra pas au Président de la République. François Hollande sur la crise syrienne.

 

Mexico le 2 septembre 2013

 

Monsieur le Président de la République,

 

Dans l’épreuve que subit actuellement l’humanité du fait de la présence d’armes chimiques en Syrie, vous avez pris la tête d’un grand mouvement mondial au nom de « l’obligation de protéger » les populations civiles menacées. Vous avez très bien expliqué dans votre discours du 27 août devant vos Ambassadeurs que c’était là la  vocation de la France, comme elle l’a fait en Libye récemment,  et qu’elle ne manquerait pas à son devoir. Votre détermination exemplaire devrait rapidement convaincre vos partenaires européens flageolants et les opinions publiques pleutres, en France, en Grande Bretagne, aux Etats-Unis et partout dans le monde,  du bien-fondé d’une  intervention militaire chirurgicale en Syrie. Naturellement, comme vous l’avez rappelé le 27 août, « l’obligation de protéger » s’inscrit dans une démarche très réglementée par les Nations Unies et incombe en premier lieu aux Etats concernés : protéger leur propre population. En cas de défaillance de leur part, c’est au Conseil de Sécurité qu’il appartient de décider des modalités de mise en œuvre de ce principe. Sous votre conduite, la France s’honorera si elle fait respecter à la lettre cette avancée importante du droit international. Je suis sûr que le Président Poutine sera sensible à vos arguments tout comme le Président Xi Jiping et qu’ils ne feront pas obstacle à vos projets en opposant un veto au Conseil de Sécurité. Peu importe que l’objectif final soit encore un peu flou, ce qui compte c’est la défense énergique de principes clairs.

 

De même, je suis sûr que d’autres pays suivront la France dans son intention de livrer des armes aux rebelles syriens, malgré les risques que cela comporte. M. Laurent Fabius, Ministre des Affaires Etrangères, a annoncé qu’il exigerait des destinataires des armes françaises qu’ils signent un « certificat d’utilisateur final ». Avec une telle fermeté nous aurons l’assurance que nos armes ne tomberont pas entre les mains des combattants Jihadistes du Front Al Nusra-Al Qaeda, qui font partie de la Coalition rebelle (encore très hétéroclite mais que avez le mérite de vouloir unifier, bon courage !) et ne se retourneront pas  contre les pays occidentaux qui les ont aidé ou leurs rivaux au sein de la Coalition, voire des populations civiles.  Nous voilà rassurés. Al Qaeda devrait comprendre le message fort que vous lui envoyez. Il est important de bien expliquer que notre ennemi reste le Terrorisme International, même si de temps en temps il faut se montrer pragmatique, comme disent nos amis anglo-saxons, et tendre la main à ceux qui veulent notre perte. Ceux-ci  ne devraient pas être insensibles à nos gestes amicaux. Vos services devraient pouvoir sans peine démentir l’information diffusée par l’agence AP selon laquelle des armes chimiques livrées par notre allié l’Arabie Saoudite (le Prince Bandar Bin Sultan, chef des services saoudiens de renseignement) au Front Al Nusra-Al Qaeda auraient été manipulées maladroitement par ces apprentis-sorciers. Une fois ce point éclairci vous aurez les mains libres pour agir sur la base des informations fournies par les Etats-Unis et Israël qui ont toute votre confiance. Toutefois il ne serait pas inutile d’éviter que se reproduise le scénario de 2003 aux Nations Unies lorsque Colin Powell a exhibé des photos truquées et un flacon de poudre de perlimpinpin comme preuves irréfutables de la présence d’armes de destruction massive en Irak ! Principe de précaution élémentaire. On vous fait confiance, c’est la crédibilité de la France qui est en jeu.

 

Quand aux objectifs militaires de cette opération, il paraît évident qu’ils doivent être en priorité de détruire par des moyens aériens les dépôts d’armes chimiques sans les faire exploser au nez de la population civile, ce qui serait un véritable désastre,  et de neutraliser tous les engins qui permettent leur utilisation (missiles, chars, lance-roquettes etc.), sans mettre en péril la vie de nos soldats sur un terrain incertain. Si les américains ont du mal à identifier les cibles, les services français de renseignement  se feront un plaisir de leur fournir toutes les informations dont ils disposent, de telle sorte que l’opération soit courte et cinglante et que grâce à vous les armes chimiques soient définitivement éradiquées de la planète.  Les populations que nous allons protéger auront un prix à payer pour le service rendu et doivent accepter d’avance les quelques centaines ou milliers de morts que peuvent provoquer les effets collatéraux de cette opération et leurs conséquences en cascade. Mais c’est pour leur bien. Si vous prenez la tête de la manœuvre  à la place de vos collègues Obama et Cameron, qui semblent rétropédaler avant même que le coup d’envoi ait été donné, Bashar Al Assad  comprendra très vite à qui il a affaire. L’Occident ne doit pas de mollir,  ce serait un mauvais signal au reste du monde, on compte sur vous pour tenir la barre fermement.

 

Lorsque cette mission humanitaire sera terminée et que Bashar Al Assad aura fait amende honorable après la tripotée qu’on va lui mettre tout en le laissant au pouvoir, vous aurez la satisfaction d’avoir contribué à appliquer en Syrie la théorie du « chaos constructif » élaborée par des « think tanks » américains à l’époque de George Bush, en espérant que les grandes entreprises américaines, principales bénéficiaires du chaos, auront  la bonté de laisser  aux entreprises françaises la possibilité de tirer quelques avantages du désordre institutionnalisé qui a désormais vocation à se substituer à des Etats forts comme c’est le cas en Irak ou en Libye. Quelques contrats pétroliers feraient bien l’affaire de nos grands groupes.

 

Après cette victoire  pratiquement acquise d’avance il vous appartiendra de porter ailleurs le message humanitaire universel de la France. Les crises sont nombreuses dans le monde, la liste des dictateurs sanguinaires est longue,  et des millions d’hommes, de femmes et d’enfants attendent avec joie que la France puisse les protéger comme elle s’en est donnée la mission. On pense toujours à l’Afrique qui arrive au premier rang de nos préoccupations. Mais il y a le feu dans de nombreuses régions du monde. Une intervention humanitaire en Palestine serait la bienvenue, vous y songez certainement.

 

Au Mexique on estime à 70.000 les morts provoqués par  la violence des groupes criminels et des forces de sécurité et 26.000 disparus durant de sexennat du Président Calderón (2006-2012).  Après la première année  du mandat du Président Peña Nieto, on dénombre déjà 13.000 morts. En toute logique avec de tels chiffres la population civile mexicaine devrait être éligible aux bénéfices du programme  « obligation de protéger » concocté par la « communauté internationale », même si celle-ci se réduit aujourd’hui  à la France seule. Au point où nous en sommes, il faut bien qu’un pays  se dévoue pour être l’avant-garde agissante d’une communauté internationale amorphe et irresponsable, « ensemble gazeux et incertain » comme a dit Hubert Védrine à propos de l’Union Européenne. Mieux vaut être seul que mal accompagné. S’agissant du Mexique, on pourra tirer les leçons de l’intervention militaire française de 1862 et ne pas répéter l’erreur qui a conduit à la déconfiture les armées de Napoléon III : déclencher des opérations militaires injustifiées et lointaines qui dépassent nos  forces.

 

Pour cela il faudra, mais vous l’avez évidement prévu, programmer davantage de  moyens budgétaires, par exemple pour la construction de nouveaux porte-avions nucléaires, les avions et missiles qui vont avec. Le « Charles de Gaulle » rend de brillants services lorsqu’il n’est pas immobilisé dans nos arsenaux pour de trop longues périodes de révision, mais il aura du mal à répondre seul à toutes les demandes d’intervention surtout lorsqu’il devra croiser dans des mers lointaines, exotiques et dangereuses.  Je suis sûr que vous saurez persuader nos compatriotes que dans les circonstances actuelles, le monde occidental, pour poursuivre sa mission civilisatrice, pilier de la globalisation, devra s’en donner les moyens budgétaires. On se souvient des contraintes qui ont empêché les forces françaises de frapper encore plus massivement la Libye. Leurs stocks de missiles se sont rapidement épuisés et le budget de la Défense n’avait pas prévu que l’abominable Khadafi, pourtant ami intime de votre prédécesseur,  serait aussi peu sensible à nos problèmes budgétaires en opposant une résistance aussi farouche qu’inutile. La population, si elle est  bien informée, acceptera certainement de bon gré l’augmentation des impôts et les coupes dans les dépenses publiques, notamment sociales, comme les bourses scolaires pour les français de l’étranger, ainsi que la réduction  des moyens  du réseau diplomatique, consulaire, éducatif et culturel français dans le monde si c’est le prix à payer pour que la France garde son statut de grande puissance mondiale. Tout est question de pédagogie.

 

Monsieur le Président, vous n’êtes pas sans savoir que nos amis et alliés américains n’ont pas toujours une très bonne  image dans le monde. La France,  avec les Présidents De Gaulle, Mitterrand et Chirac, a joui d’un grand prestige international, justement parce ce qu’elle parlait d’une voix différente de celle de ses alliés occidentaux.  Le Président Sarkozy a mis fin à cette tradition diplomatique, pensant que la France avait tout intérêt, dans le contexte de la mondialisation et face à la montée en puissance de nouveaux acteurs, à se fondre dans « la famille occidentale » et à réintégrer l’appareil militaire de l’OTAN, c’est à dire à mettre ses forces conventionnelles sous le commandement américain.  « O tempora ! O mores ! » comme a dit Ciceron en son temps. Mais vos Ambassadeurs ont déjà du vous signaler  que dans de nombreux pays la France est désormais perçue comme un relais servile de la politique américaine. Des épisodes récents comme l’affaire Snowden avec l’interception du Président Evo Morales lors de son survol de l’Europe, ont pu donner cette impression fâcheuse, mais je suis convaincu que vous n’aurez  aucun mal à persuader vos interlocuteurs du monde entier que cette perception est erronée, car c’est en toute indépendance que vous avez confirmé l’ancrage de la France dans sa « famille occidentale ».

 

Enfin, je pense que vous avez réfléchi à la meilleure manière de protéger les populations mondiales des catastrophes humanitaires provoquées  par le  capitalisme mafieux et prédateur à l’origine des dernières crises économiques et financières. Il est probablement dans vos intentions de proposer à vos collègues du G7 et du G20 que vous allez rencontrer au Sommet de Saint Pétersbourg de changer de cap pour  mettre fin à l’économie-casino et à l’empire de la finance sans contrôle. L’opinion publique mondiale, les chômeurs en Grèce, au Portugal, en Espagne, en France et ailleurs, apprécieraient vraisemblablement des frappes chirurgicales sur le FMI, la Banque Centrale européenne, la City de Londres, quelques paradis fiscaux « non-coopératifs » ou d’improbables agences de notation qui font plier les gouvernements.

 

Une telle cohérence dans l’application de « l’obligation de protéger » honorera la France et son Président. En continuant sans relâche sur cette voie et en défendant comme vous le faites le droit international et les normes fixées par les Nations Unies, il ne fait aucun doute qu’avant la fin de votre mandat vous rejoindrez votre collègue et ami Barack Obama dans le club très sélect des Prix Nobel de la Paix. Vous l’aurez bien mérité.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma très haute et respectueuse considération.

 

                                             Pierre Charasse

 

    Français de l’étranger, contribuable et électeur

 

Fin de citation

 

Son blog : La Tour de Babel

 

 

Vu l’énergie que les USA et la France  déploient pour nous convaincre sur le bien fondé  d‘une attaque parait suspect.

Pourquoi ne pas mettre autant d’énergie pour nous sortir de la crise !